Vers la transformation des emprunts d’Etat en ODI

Au plus fort de la crise grecque, espagnole, portugaise ou italienne, qui tendent à s’orienter vers une guerre civile larvée -du fait de la brutalité idiote des mesures d’austérité imposées par l’ex-couple franco-allemand « Merkozy », et aussi par un FMI incapable de comprendre l’évolution du monde- il convient de réfléchir à une solution qui permette de se sortir d’affaire en douceur pour tous ; à cet égard, l’élection de François Hollande à la tête de la France apporte une bouffée d’oxygène : il est clair qu’il ne sera pas, à la différence de son prédécesseur, le petit toutou de la Chancelière !

Ce que nous proposons, ce que nous suggérons ici, c’est une solution en douceur, d’abord pour les pouvoirs publics, qui ne seront plus – grâce à cette recette – obligés d’imposer des restrictions fiscales et sociales drastiques à leurs concitoyens, mais juste des mesures budgétaires « raisonnables »; en douceur ensuite pour ces derniers, dont les conditions de vie seront à peu près maintenues comme auparavant ; en douceur enfin pour les investisseurs, titulaires de ces emprunts d’Etat via des fonds communs de placement ou des fonds d’assurance-vie ( et parmi eux beaucoup de modestes retraités), qui ne verront pas alors leur placement fondre comme neige au soleil, ainsi que les a traités la première et récente « restructuration » de la dette grecque (de l’ordre de 50 à 70% de perte en capital !).

Une telle solution est à la fois simple dans sa conception et souple dans sa mise en oeuvre : il suffit en effet de transformer les énormes dettes publiques des Etats européens, qui tournent autour de 100% de leur PIB, en rentes perpétuelles pour leurs titulaires ou, autrement dit, en obligations à durée indéterminée (ODI), éventuellement en partie remboursables à certaines dates préfixées ; en pratique, toutes les obligations d’Etat grecques, portugaises, italiennes, espagnoles, françaises ou allemandes à 2, 5, 10 ou 20 ans verraient leur échéance annulée, c’est-à-dire repoussée à une date ultérieure non définie ; par contre, l’Etat concerné continuerait pendant tout ce temps de payer entre 3% et 5% de taux d’intérêt fixe aux investisseurs (taux d’intérêt fixé par la « restructuration »), ce qui serait pour lui une charge budgétairement acceptable ; et si les épargnants veulent récupérer leur capital, il suffit d’organiser un marché secondaire de ces « papiers d’Etat », avec l’appui de la BCE, du système bancaire européen et des compagnies d’assurance-vie du Continent, sachant que c’est vraiment pour un investisseur bien moins compliqué de toucher du 3 à 5% annuels d’intérêt d’Etat (avec un éventuel avantage fiscal à la clé) que d’investir dans un studio locatif à Paris ou à Lyon, avec tous les problèmes potentiels que cela implique (risque de non paiement des loyers, travaux d’entretien imprévus, complexité des déclarations fiscales…).

Pour revenir au côté « emprunteurs », ce qui fragilise les finances des Etats d’Europe, c’est que, lorsqu’ils doivent réémettre des obligations pour prolonger leur dette (en réempruntant tout le capital arrivé à échéance), ils se font « démolir » par les marchés (agences de notation, analystes financiers, journalistes économiques…), et bien souvent ils n’arrivent plus alors à placer leur papier, sinon à des conditions excessivement chères en termes de taux d’intérêt.

La solution que nous proposons ici est totalement concrète et facilement applicable sans délai ; comme il n’y aura plus (ou pratiquement plus) de dette à réémettre périodiquement, cela revient à annuler l’influence des marchés financiers sur les Etats, en les remettant de facto à leur place, à savoir celle de simples courtiers monétaires, et non plus de « juges de paix » des Etats, comme il se l’auto-proclament actuellement. Il semble qu’une telle idée puisse être avec profit proposée par M. Hollande à ses collègues européens, aujourd’hui confrontés (notamment pour les pays du Sud) à une grave crise politico-financière et sociale, dont l’issue apparaît fort incertaine, voire potentiellement dramatique.