Intervenant récemment dans le cadre des petits-déjeuners financiers de l’ENSAE (Ecole des Statistiques) à Paris, Jean Lemierre, qui fut pendant huit ans le président de la BERD (Banque européenne de reconstruction et de développement) à Londres, soulignait qu’à son avis la crise était davantage économique que financière (modèles à repenser ?), que les questions de change avaient également une grande importance, et qu’en tout état de cause la période actuelle était passionnante de par toutes les questions qu’elle suscitait, toutes les certitudes qu’elle balayait, et toutes les réponses qui restaient à inventer.
Ce tournant fondamental se traduit concrètement par une crise de confiance généralisée – pas seulement entre opérateurs financiers- qui remet en question bien des idées reçues.
Nous partageons largement cet avis : le monde économique de demain sera forcément différent de celui d’aujourd’hui, et il va falloir cesser de raisonner d’une manière “bête et méchante”, en se contentant d’ anticiper à coups de dés une date potentielle de reprise (fin 2009 ? mi-2010 ? fin 2010 ?…), après un année 2009 à l’évidence en récession.
Qu’est-ce-que cela peut impliquer pour un pays comme le Maroc ? Dans la mesure où il est en phase de développement et de consolidation, peut-être pourrait-il justement en profiter pour investir résolument dans des voies nouvelles (nous avions ainsi évoqué le “green business” dans un précédent article).
Le Royaume dispose en effet d’atouts considérables tant en termes de climat, de situation géographique et d’infrastructures, que de forces vives qualifiées ; que ce soit à titre indépendant, ou dans le cadre de l’UPM, ou en coopération avec l’Union européenne ou les pays du Golfe.
Le Maroc pourrait ainsi servir de vitrine à cette “nouvelle économie” que le président Obama semble bien décidé à impulser à marche forcée dans son propre pays.